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On a tous un aller simple pour la vie

Rédigé par: Éloïse Dalpé Montréal - 29 Août 2018

J’ai toujours cru que j’allais mourir jeune. Je ne sais pas pourquoi j’ai toujours eu cette croyance, mais c’est comme si je n’étais jamais parvenue à me projeter dans le futur. Comme si l’avenir était pour moi quelque chose d’impossible à envisager, les lendemains me paraissaient constamment plus incertains. Au fil des années, cette impression du vide et du temps compté ont grandement façonné la personne que je suis devenue aujourd’hui. Dans cette course effrénée contre la montre, pognée avec mon one-way ticket de la vie, l’angoisse du FOMO (fear of missing out) s’est infiltrée dans mon quotidien. Persuadée dans le fait que les occasions ne se présenteront jamais deux fois, l’envie de dire oui à tout, de vivre pleinement et éperdument chaque instant, semblait être la meilleure façon de me sortir de cette mort imminente. Je me suis mise à remplir ma vie à outrance, telle une workaholic gavée par son travail ! Puis, un jour je me suis réveillée, épuisée et surchargée, en me demandant si j’avais vraiment pris le temps de vivre le moment présent, à force de courir après le temps. J’ai trop longtemps pensé que le fait d’être toujours occupée et engagée dans quelque chose parviendrait à me faire sentir plus vivante, voire moins mortelle.

Or, durant le dernier mois, des événements de la vie m’ont forcée à mettre un frein sur ma pédale. D’abord, parce que je me suis retrouvée à deux reprises à des salons funéraires, mais aussi parce que j’ai dû faire le deuil de mon animal de compagnie. J’ai donc côtoyé la mort et le deuil de près, mais à des niveaux différents. C’est fascinant de voir comment la mort fait partie de notre vie, mais à quel point on s’entête à vouloir l’écarter de notre chemin de manière à ce qu’elle reste une sorte de tabou. On a beau savoir qu’on naît tous pour mourir, on ne veut pas trop penser à quand viendra notre heure, et encore moins à l’heure où nos proches nous quitteront. Autant on sait que chaque grand voyage a une fin, autant on s’explique toujours mal le destin tragique ou fatidique d’un être cher. J’ai assisté à deux cérémonies très différentes pour la mémoire de ces défuntes personnes, mais la souffrance et la peine étaient les mêmes. L’humain ne s’habitue pas à voir quitter les gens qu’il aime, pas plus qu’il connaît d’avance la couleur que son deuil prendra. Il y a tout de même quelque chose de vibrant qu’on peut saisir dans ces événements funèbres; c’est le sentiment de désolation commun qui, par le partage et le réconfort, n’attend que de se transformer en consolation.

 

À vrai dire, cette étape de vie m’a grandement aidée à entrevoir la mort sous un autre jour, car si elle est souvent synonyme de noirceur, de tristesse oppressante et d’obscurité, la mort représente aussi une voie de réveil pour tous. En effet, c’est bien elle qui nous oblige à prendre un temps de pause pour se recentrer sur l’essentiel de notre vie. Devant le vide créé par le départ de quelqu’un, le chemin du deuil nous entraîne parfois dans une sorte de tourbillon de la renaissance, où l’envie de se redéfinir semble vitale. C’est là une occasion pour faire le point sur notre propre vie, de revoir les choix qui nous définissent et ainsi retrouver, peut-être, les valeurs qui nous sont chères…

 

 

 

Je terminerai ce texte avec un témoignage qui m’a touchée, de par le baume qu’il a posé sur mon cœur :

« Ce sont les moments de noirceur qui nous font finalement apprécier la lumière, car on ne peut trouver beaux ni paysages, ni existences, ni hommes, sans la vulnérabilité que nous apercevons en nous-mêmes à l’instant des adieux. »

 

Rédigé par:

Éloïse Dalpé

Certains adhèrent à la luminothérapie pour se sortir d’un novembre trop sombre, d’autres se mettent à la course à pied pour faire le plein d’hormones de bonheur. Pour ma part, l’écriture s’avère être une thérapie pour l’âme bien plus qu’efficace ! Libératrice, elle fait ressortir ma prose dans ces journées parfois moroses. Puis colorée, elle met des images sur des émotions, voire des pensées.

Bachelière en communication, et actuellement étudiante en travail social, Éloïse s’intéresse aux gens et aux grandes questions de la vie. Passion et rigolades, c’est ce que vous trouverez dans ses écrits.

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