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November blues

Rédigé par: Éloïse Dalpé Montréal - 26 Novembre 2018

Cher mois de novembre,

Chaque année je me désole de te voir arriver,

Entre le spectacle de couleurs qu’octobre vient nous livrer,

Et la beauté du premier tapis blanc de l’année,

Ta grisaille quotidienne pèse lourd sur le moral.

Heureusement, tu tires déjà presque à ta fin ! Non pas que je te méprise, voyons. Le mépris serait un mot bien trop faible pour te dire à quel point je t’ai en aversion parfois. En fait, ne serait-il pas temps de te présenter sous ton vrai jour, novembre ? Un jour qui n’a pourtant rien de lumineux si ce n’est que son « obscure clarté » ! Toi qui ne sembles qu’être dédié à occuper la piètre fonction de mois de transition entre mes deux fêtes favorites que sont Halloween et Noël, tu as tout à envier aux autres mois de l’année. Si je pouvais me permettre une réforme du calendrier grégorien, je t’assure que tu prendrais le bord. 

Cher maudit mois de novembre, j’ai enfin compris. Chaque année, tu me fais le même coup en m’enlevant une heure de mon soleil sous prétexte qu’il faut revenir à l’heure « normale ». Une normalité que, pourtant, je n’arrive toujours pas à comprendre ni à apprivoiser parce que je finis toujours par devoir dealer avec une dépression saisonnière. 


Quand tu me rétrécis mes journées, on dirait que mon corps et mon esprit savent plus trop ce dont ils ont envie. Tantôt j’ai le goût de me recroqueviller dans mes couvertes de
flanalette en pleurant sur The Notebook, tantôt je veux aller m’acheter une lampe de luminothérapie pour chaque pièce de mon appartement. À vrai dire, je crois que chaque petit jour de ta pénombre novembienne m’enlève un peu d’espérance de vie. En fait, ce n’est pas compliqué tu me fuck le rythme circadien en même temps que de me siphonner ma réserve annuelle de vitamine D. Lorsque je me lève le matin, je me dépêche d’aller vers la fenêtre pour essayer d’attraper les deux petits rayons de soleil qui vont possiblement transpercer ton ciel triste et fuligineux

Donc, c’est certain qu’il y a des jours où j’aimerais ça qu’on passe aussi vite d’une saison à une autre que le Dollorama peut le faire avec ses thèmes de décorations. Heureusement que le magasin à 1 $ est là pour me rappeler que le jour après l’Halloween est toujours un bon moment pour commencer à penser à monter son sapin de Noël. Dans mon cas, ça me semble être une excellente façon de combattre la dépression saisonnière puisque ça me permet enfin d’écouter des chansons de Noël en toute légitimité. Ça m’évite aussi de sombrer dans les playlists musicales du genre « rainy days in November » qui semblent parfois avoir été conçues par un masochiste de l’âme. En me mettant hâtivement en mode temps des fêtes, j’évite d’être trop consumée par ton climat morose et parfois mélancolique. Les festivités sont donc pour moi une façon d’appréhender plus sereinement la saison des tempêtes de neige. Je me mentirais si je disais que je ne trouve pas un maximum de réconfort à l’idée que je me fais de braver le froid hivernal à coup de soupes à l’oignon gratinées et de tourtières cuisinées autour d’une belle tablée.

Élo

 

Rédigé par:

Éloïse Dalpé

Certains adhèrent à la luminothérapie pour se sortir d’un novembre trop sombre, d’autres se mettent à la course à pied pour faire le plein d’hormones de bonheur. Pour ma part, l’écriture s’avère être une thérapie pour l’âme bien plus qu’efficace ! Libératrice, elle fait ressortir ma prose dans ces journées parfois moroses. Puis colorée, elle met des images sur des émotions, voire des pensées.

Bachelière en communication, et actuellement étudiante en travail social, Éloïse s’intéresse aux gens et aux grandes questions de la vie. Passion et rigolades, c’est ce que vous trouverez dans ses écrits.

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