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Mon expérience avec les applications de rencontres

Rédigé par: Vanessa Duchel Montréal - 2 Juillet 2018

Salut ! J’espère que tu vas bien !

J’espère que tu espères que je vais bien aussi, ça serait gentil et poli. En fait, ce serait très normatif de me dire que oui, alors finalement j’espère que tu t’en crisses juste un peu. Juste assez pour être original et un peu différent.

Bref, je commence à peine et je m’éternise déjà (DIAGNOSTIQUE MOI QUELQU’UN).

Je tenais à te parler de quelques applications de rencontres que j’ai utilisées et de mes expériences avec ces dernières. Qu’on s’entende, je ne te jaserai pas de mon mariage féérique; je suis encore célibataire et en colocation avec une jeune femme pleine d’ambition. Ces applications ne m’ont donc pas rendu service tant que ça, mais quand même, j’ai vécu plusieurs expériences.

Je vais y aller par site pour bien te situer et ensuite par rencontre. Tu peux penser que je suis désespérée et je ne peux malheureusement pas m’y opposer. Par rapport au nombre de plateformes que j’ai essayées : je suis au courant qu’il y en a bien plus, mais un moment donné, je n’écris pas un roman.  

En y pensant bien même, je vais faire une petite trilogie d’articles (un pour chacune des applications que j’ai testée) !

 

Badoo

Certains mettent plus d’emphase sur le « a » et d’autres sur le « oo », mais ça reste le même mot.

Ce site de rencontre a été créé en 2006 par Andrey Andreev et a été lancé au Royaume-Uni. Pour ma part, je crois que j’y suis depuis 2007 (i la la…).

Selon sa description sur le Apple Store, Badoo est le plus grand réseau de dating du monde. Parait-il qu’ils ont plus de 340 millions d’adeptes, ce n’est pas rien !  

Badoo fonctionne avec ta position géographique, donc il te montre quel « célibataire » (parce que Lord knows que tout le monde n’est pas l’honnêteté incarnée) tu viens de croiser ou qui est simplement à proximité. L’application (c’est d’abord et avant tout un site web) est gratuite, mais si tu veux avoir accès à des petits privilèges comme connaître tes likes ou savoir qui t’a ajouté à ses favoris, tu peux payer et devenir membre premium !

Badoo a été mon premier vrai site de rencontre. J’ai tellement d’histoires qui y sont reliées que je ne sais même pas par où commencer. À mon souvenir, mes débuts sur le site se sont faits sur mon ordinateur. J’avais téléchargé les plus belles photos de moi (à 17 ans) et je me permettais de juger les utilisateurs parce que je me disais qu’ils me jugeaient aussi.

 

Monsieur N

Mon premier crush, appelons-le Monsieur N, m’a approchée en m’insultant sur mon apparence. Il m’a traitée de grosse et je l’ai solidement envoyé chier. On a chatté deux heures et parlé au téléphone sept heures. La même soirée/nuit. Quand le soleil s’est levé en même temps qu’une abominable tempête de neige, il m’a invitée à venir dormir chez lui dans l’ouest de Montréal alors que je n’y avais presque jamais mis les pieds et que j’habitais à Prévost, encore chez mes parents. Évidemment, j’y suis allée (je suis la fille dans les films d’horreur qui descend au sous-sol après avoir entendu un coup de feu). Il m’a accueillie dans sa résidence universitaire à grand coup de boxers trop lousses en me demandant de garder le silence parce que son frère dormait dans le chambre à côté. Ce que j’ai fait. Ce fût un avant-midi de malaise. Presque sans son et dans la discrétion. C’était ma première date. Je ne l’ai jamais revu.

 

Monsieur F

Quelques mois passent avant que je décide de rencontrer quelqu’un à nouveau. Ce garçon me semblait très gentil. Petit hic, il n’avait pas de photo de profil. J’ai quand même décidé de lui laisser une chance. Quelques jours passent depuis mon genre de match avec Monsieur F et on s’entend bien.

On se dit alors qu’on devrait peut-être se parler au téléphone. Ce que nous faisons quelques fois. Autre petit hic, il a une voix très aiguë qui me dérange un peu mais bon, qui suis-je pour juger quelqu’un en fonction de sa voix?  

Après deux semaines de parle-parle jase-jase, on finit par trouver une soirée pour se rencontrer. Il voulait aller au ciné-parc dans son pickup de l’année. J’ai dit ok. Je sais que tu me trouves brillante, cher lecteur. Merci. Attends que je te raconte ce qui s’en vient. Tu vas encore plus vouloir me décerner un prix Nobel.

La veille de notre date, on s’appelle comme à l’habitude depuis quelques jours. Par contre, cette fois-ci, on y va dans les confidences. Il voulait me dire, avant notre rencontre, qu’il avait fait six mois de prison parce qu’il s’était violemment battu avec un de ses collègues de travail. Il voulait aussi me dire qu’il était raciste dans le passé mais qu’il était en train de se faire retirer ses tatouages de croix gammées. Il regrettait, j’imagine. Tu comprendras que c’est vite devenu un autre petit hic. Je sais, tu te dis : ben annule ! Il me semble que c’est simple… mais ça ne semblait pas aussi simple à ce moment là parce qu’il avait mon numéro de téléphone ET mon adresse que je lui avais donnée pour qu’il vienne me chercher le lendemain. Ce gars, que je n’avais jamais vu, commençait légèrement à me faire peur.  

Le jour fatidique arrive. J’avais honte, mais j’ai appelé une amie pour l’informer de l’endroit où j’allais et pour lui laisser le numéro de téléphone de l’inconnu.

J’entends mon téléphone sonner. Il est devant la maison de mes parents (absents à ce moment). J’ai le coeur qui bat très vite. Tout ce que je sais de lui, c’est qu’il a une voix de chipmunk, qu’il est raciste et qu’il a fait six mois de prison pour avoir presque tué un collègue. Je sors par la porte de garage. T’sais les grandes portes qui s’ouvrent en pesant sur un bouton. Je vois son pickup noir immense. Le gars qui le conduit l’est tout autant. Le mec est chauve et porte des très petites lunettes de soleil à la monture grise et aux verres orangés/bleus/verts… il me salue en passant sa langue entre ses deux doigts en forme de V. Il me montrait clairement qu’il voulait me faire l’amour oral. À moins qu’il avait encore de la poudre de Cheetos dans le creux entre son index et son majeur.

Mon réflexe a été de refermer la porte. J’ai attendu une bonne minute avant de l’ouvrir à nouveau.  Il fallait que je trouve un moyen. Je suis ressortie en lui disant que j’avais oublié mon téléphone à l’intérieur. J’ai eu le temps de texter mon amie pour qu’elle m’appelle une heure plus tard et qu’elle vienne me chercher. Cette heure a été plus que longue.  

Il puait les oignons en calvaire. Il disait de la marde comme un gars de 33 ans qui veut beaucoup trop montrer à une fille de 17 ans qu’il aime encore les clubs et qu’il est capable de la suivre.

La suite va débouler rapidement.  

On arrive au ciné-parc, le gars paie, on parle un peu, il me tape sur les nerfs, je deviens arrogante. Il me dit qu’il a des scies et des couteaux dans son coffre et que je devrais faire attention. Il se vante aussi de savoir où m’enterrer sans que personne ne puisse me retrouver. Je le gifle. Il me dit d’arrêter, je lui dis que je vais débarquer de son gigantesque véhicule et que mon amie vient me chercher. Il me laisse seule dans le parking du cinéma St-Eustache. Je ne l’ai jamais revu.

 

Monsieur G

Monsieur G est une histoire relativement heureuse. On s’est rencontrés sur Badoo quelques mois après Monsieur F. On doit être en 2010, peut-être dans ces eaux là. Lui, au moins, avait plusieurs photos, il avait mon âge, il étudiait en art et faisait de la musique. Petit problème… il habitait à Rimouski.  

Monsieur G et moi nous sommes rapidement entendus. Nos appels téléphoniques étaient parfaits et après plusieurs semaines, nous nous sommes avoués notre amour. Oui, je sais que c’est weird, mais j’étais jeune. Les mois passaient et les conversations se faisaient de plus en plus rares et les « je t’aime » aussi jusqu’à l’été 2015 quand Monsieur G me texte pour m’annoncer qu’il est déménagé à Montréal… avec sa copine. Ouin, mettons qu’il m’avait un peu oubliée.  

On décide d’aller au restaurant ensemble le soir même. On s’entend tellement bien. Je le trouve beau, il me trouve belle. On rentre chacun chez soi. On se texte quelques minutes après notre départ et on décide de se voir le lendemain.

Il vient me rejoindre à une soirée dans un bar. On ne sait pas trop comment agir. Je ne sais pas si tu sais gang, mais on a été en amour sans se voir ni se toucher pendant trois ans… c’est quelque chose de se voir en face. Il part tôt, on se texte quelques minutes après son départ et on décide de se voir le lendemain.  

Il est venu chez moi. On a essayé d’écouter un film. Après 15 minutes, il décide de coucher sa tête sur mes genoux. Je décide de lui jouer dans les cheveux. Il lève sa tête et m’embrasse. Mon réflexe: « Ouin, mais t’as une blonde. » Il se lève, me dit qu’il n’avait pas imaginé cette scène comme ça. J’avais tout gâché. Il m’a dit qu’il était fucké. Il est parti. Lui non plus, je ne l’ai jamais revu.

J’ai encore un shitload d’histoires à vous raconter. Des rencontres de Badoo et de Tinder,  et de Happn

J’suis en train de me dire que j’aurai peut-être plus qu’une trilogie. J’espère que ça vous intéresse ! Je vais m’efforcer de les disperser à travers mes chroniques réellement plus culturelles, qu’en pensez-vous?

Aussi, je songe de plus en plus à démarrer un podcast (si vous ne savez pas ce qu’est un podcast, j’ai écrit un article là-dessus en avril 2018). Si vous trouvez que c’est une bonne idée, faites-moi signe !

Merci de m’avoir lue, on dirait que ce texte a agi un peu comme une thérapie. J’ai retrouvé le goût de dater (je mens).

 

Bye

Vanessa Duchel

 

Rédigé par:

Vanessa Duchel

D'après moi, tenir un micro et tenir un crayon, c'est pas mal la même chose.
Oui, j'ai fait Star Académie.
Non, je n'ai pas fait de CD après.
Non, tu ne m'as pas vue à Occupation Double.
Par contre, je suis toujours célibataire!

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