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L’événement de la rentrée !

Rédigé par: Éloïse Dalpé Montréal - 5 Septembre 2018

Chaque année, lors de la rentrée scolaire, je mets religieusement les pieds dans le Marché Bonsecours pour assister à la prestigieuse exposition photo du World Press Photo. Pour ceux et celles qui ne sont pas encore familiers avec l’événement, j’espère vous convaincre de la nécessité d’en faire aussi votre rituel annuel.


Ils ont été près de 4500 photojournalistes à soumettre plus de 73 000 images, toutes plus poignantes et saisissantes les unes que les autres. Pour cette 61e édition du concours World Press Photo, le jury a décerné des prix à 42 photographes venant des quatre coins du globe. Montréal fait donc partie de ces 100 villes où le désordre du monde continue d’être classé comme une actualité étrangère et non comme un fait local. Ainsi, dans la quiétude de notre métropole, l’événement vient y poser bagage afin de nous offrir un œil clair, vif et précis sur des enjeux qui, positivement ou négativement, ont façonné notre monde de la dernière année.

On se rend à cette exposition non pas seulement pour admirer la justesse des clichés, mais aussi pour reconnecter avec l’humanité. Chacune de ces histoires compte et c’est à nous, entre humains, de se les raconter pour ensuite se les remémorer, afin de ne pas oublier. Porte-parole de l’édition 2018 du World Press Photo à Montréal, c’est ce qu’Alexandre Champagne s’est aussi donné comme mission en partageant ses photographies documentant l’après-tragédie de la grande mosquée de Québec. Ainsi, du génocide Rohingya au Myanmar à l’attentat terroriste perpétré sur la grande mosquée de Québec, on parvient peut-être mieux à connecter ces souffrances qui, au final, sont les mêmes. Selon lui, le concours tente de prendre un tournant différent depuis quelques années et aspire à sélectionner des photos qui ne se situent pas que dans l’extrême conflit, la fatalité ou la mortalité.

En effet, certaines photos, comme celle de ces femmes du Zanzibar en plein cours de natation dans l’océan Indien, parlent beaucoup en termes de courage et d’espoir humain. On raconte que traditionnellement, les femmes ne sont pas encouragées à apprendre à nager, principalement en raison de grandes contraintes reliées à une culture islamique conservatrice, mais aussi parce qu’il n’existe tout simplement pas de maillots de bain appropriés pour leur condition. « Big Fish » est le nom du projet que ces femmes ont bâti ensemble, afin que chacune d’entre elles puisse avoir la chance d’apprendre à nager, et ce dans le respect de leur culture et religion.

 

Une autre série photo, qui ne peut réellement laisser personne indifférent, est celle réalisée par le photographe Adam Ferguson nommée « Boko Haram Strapped Suicide Bombs to Them ». Si le titre en dit long sur l’horreur que ces jeunes filles ont pu vivre et subir, le courage et la force qu’elles symbolisent comme survivantes rendent ces portraits d’une beauté exceptionnelle selon moi.

 

Reste que la photo qui sort grande gagnante de ce concours est bel et bien issue d’un extrême conflit. On y voit un jeune vénézuélien s’étant littéralement transformé en flambeau humain après qu’un réservoir d’essence de moto lui ait explosé dessus pendant l’une des manifestations contre le président du Venezuela. Cette fraction de seconde, capturée à travers la lentille de Ronaldo Schemidt, est aussi fascinante que tragique. Difficile de ne pas avoir l’impression de chauffer un peu nous aussi, tellement le feu est ardent et flamboyant. Devant ce rouge trop vif, qui semble l’avoir engouffré en un rien de temps, on ne peut qu’être médusés par l’instantanéité de cette photo. Dans un coin de pays comme le nôtre, où la seule vraie agitation est celle des klaxons de gens trop stressés par le trafic, il nous apparaît impératif de relativiser la chance que nous avons…

 

Mais vous savez, je préfère que Montréal soit reconnue comme étant une ville orange à cause du chaos de la construction que celle-ci soit perçue comme étant une ville noire et ternie comme Caracas, à cause de choix destructeurs ayant conduit au chaos…

P.S. Voici le lien pour toutes les informations relatives à l’événement :

http://www.worldpressphotomontreal.ca/#info

 

Dépêchez-vous, vous avez jusqu’au 30 septembre!

Élo

 

Rédigé par:

Éloïse Dalpé

Certains adhèrent à la luminothérapie pour se sortir d’un novembre trop sombre, d’autres se mettent à la course à pied pour faire le plein d’hormones de bonheur. Pour ma part, l’écriture s’avère être une thérapie pour l’âme bien plus qu’efficace ! Libératrice, elle fait ressortir ma prose dans ces journées parfois moroses. Puis colorée, elle met des images sur des émotions, voire des pensées.

Bachelière en communication, et actuellement étudiante en travail social, Éloïse s’intéresse aux gens et aux grandes questions de la vie. Passion et rigolades, c’est ce que vous trouverez dans ses écrits.

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