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Avoir le complexe de la fille parfaite : Retour sur le dossier Mise à Nu d’Édition Papier

Rédigé par: Éloïse Dalpé Montréal - 9 Octobre 2018

Maudit que ce n’est pas simple être une femme bien dans sa peau. Hier encore, j’étais complexée par mon acné juvénile, aujourd’hui je badtripe sur mes cheveux blancs qui se multiplient, et demain je risque de me réveiller avec ma cellulite de la trentaine. On a beau vouloir se calmer en s’avouant que personne n’échappe à ce grand fleuve d’hormones féminines, on n’est pas plus emballé à l’idée de devenir un jour fripée et ménopausée.  

Je me rappelle déjà à 12 ans, couchée en plein ventre sur mon lit de Pocahontas, je feuilletais mon magazine Cool !, en me demandant pourquoi je n’avais pas le sourire Crest d’Hilary Duff, ou le look hollywoodien des jumelles Olsen. Si internet est venu ouvrir le champ des possibles en termes de comparaison, je peux vous assurer que c’est bien avant son arrivée que mes complexes sont nés ! Ma porte de chambre, tapissée de posters de gens Cool !, était devenue un œuvre d’art dont je contemplais avec beaucoup d’ambivalence au cours de ma puberté. Si j’aspirais à être fierce et Girl Power comme les Spice Girls, je manquais pourtant beaucoup d’assurance quand venait le temps de marcher tous les matins vers l’autobus, avec mes bottes Sorel et ma boîte à lunch rouge Louis Garneau. À l’époque, il suffisait que les garçons jettent un coup d’œil sur mon amie avant moi, pour que le peu de confiance, que je pensais avoir acquise avec mes nouveaux jeans à pattes d’éléphant, pis mon eye-liner blanc sur les paupières, sac’ le camp dans le temps de le dire. 


Du haut de mes 28 ans, couchée en plein ventre sur mon lit plein de poils de chat, je feuillette encore et encore le premier volume du magazine Édition Papier. Cette fois-ci, j’analyse ma revue avec un regard beaucoup plus mûr et posé que celui que j’offrais à ma revue Cool ! de 2002. Il est clair qu’en regardant le cover du magazine, on aurait tous envie d’arracher cette page et d’encadrer ces trois pétards de filles là. Mais j’aurais tant aimé que ça soit la Élo préado qui découvre ce magazine, car au-delà de cette beauté parfaite qu’elle aurait admirée en page couverture, elle serait aussi tombée sur le dossier Mise à nu de la section Beauté. Cette jeune ado que j’étais aurait peut-être compris plus tôt que la perfection n’existe pas, et que même ces modèles qu’on croit si exemplaires à nos yeux ont eux aussi leurs propres petits démons et complexes.

 

 

Je trouve sincèrement que ce dossier est d’une authenticité des plus sincères, et que toutes ces filles aux prises avec le complexe de la fille parfaite comme moi devraient s’offrir ce temps de lecture. Dans un monde comme aujourd’hui, où on sait comment il peut être facile de perdre son temps sur Instagram et Facebook, à comparer sa vie à celle des autres, je crois qu’il est de notre ressort de choisir ce qu’on veut consommer en ligne. À l’heure, où on pointe souvent du doigt les influenceuses pour leurs photos trop lichées et leur feed rempli de publicité, j’ai envie de vous demander, qui suivez-vous dans votre fil d’actualité ? Pour ma part, je ne suis pas les instababes de ce monde, car des Kim Kardashian qui se faceswapent le visage en entier pour s’élever à des standards de beauté industrielle n’ont, selon moi, rien d’inspirant et de positif. En contrepartie, des Marina Bastarache, des Vanessa Duchelle et des Elie Duquette qui utilisent leur plateforme sociale pour non seulement parler des tabous et des complexes en rapport avec l’image corporelle, mais aussi pour donner voix à la diversité des corps en tant que femme. Et ÇA, je trouve ça inspirant ! 

Elles m’inspirent donc parce qu’elles respirent le GirlPower, elles s’assument dans leur choix et leurs idées, et tentent chacune à leur façon de sortir des archétypes féminins. Grâce aux témoignages qu’elles livrent dans le dossier Mise à Nu d’Édition Papier, on peut réellement dire qu’elles permettent de combattre les standards de beauté de nos sociétés actuelles. Indirectement, je dirais que ça nous invite aussi à nous questionner sur ce que nous voulons être/paraître aux yeux des gens parfois, et pourquoi donc ? Bref, c’est un dossier qui fait énormément de bien à l’estime de soi, qui nous donne envie d’embrasser notre différence, et surtout de s’offrir personnellement un « je t’aime » !

 

Donc j’espère sincèrement que, pour ceux qui n’avaient pas encore acheté le premier Édition Papier, vous vous ferez ce petit cadeau. Pour les autres, Édition Papier volume deux sort le 12 octobre prochain, alors soyez patientes.

 

* Une source fiable me dit que dans le Volume 2 se trouvera un autre de genre de Mise à Nu à ne pas manquer… 

Élo

 

Rédigé par:

Éloïse Dalpé

Certains adhèrent à la luminothérapie pour se sortir d’un novembre trop sombre, d’autres se mettent à la course à pied pour faire le plein d’hormones de bonheur. Pour ma part, l’écriture s’avère être une thérapie pour l’âme bien plus qu’efficace ! Libératrice, elle fait ressortir ma prose dans ces journées parfois moroses. Puis colorée, elle met des images sur des émotions, voire des pensées.

Bachelière en communication, et actuellement étudiante en travail social, Éloïse s’intéresse aux gens et aux grandes questions de la vie. Passion et rigolades, c’est ce que vous trouverez dans ses écrits.

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